Bethleem Blvd. Blues

12 janvier 2019

Famine ! Et pourtant je suis debout !

 

Depuis longtemps j'ai faim, cette faim qui ne me quitte pas et dont on m'a souvent dit qu'elle n'était pas la bonne.

Pourtant c'est évident qu'elle doit être soulagée, même si je ne peux compter que sur ma personne dans certains moments.

Être amoureux et aimé à force égale est une vraie bénédiction, mais être seule dans la passion physique et sexuelle est une forme douloureuse de solitude, vraiment. Mais curieusement, elle me permet aussi de décortiquer mes ressentis et d'anticiper mes actes et mes paroles à même la chair, à même l'os. Eh oui, être profondément amoureux se travaille.

La seule énergie qui peut me calmer, au fond, c'est l'amour. L'amour que je donne que je reçois. L'amour qui s'il pouvait dégoulinerait par tous les pores par tous les trous. Sans condition aucune.

 

Je rêve, j'ai gardé cette capacité comme dans mes gènes, comme une longue histoire qui n'appartient qu'à moi. Et dans ma sauvagerie je rêve de sexe sauvage et de noblesse d'âme comme jamais je n'en ai rêvé avant lui.

Mon amour m'a prise par la main, il m'emmène dans la planque que j'ai constituée au grenier, celle avec le vieux matelas couvert de blanc et de bleu, le coffre qui contient mes trésors clandestins – livres d'art, romans, je reviendrai sur ce contenu plus tard.- ma planque à moi, mon refuge, mon boudoir d'adolescente vieillissante qui veut encore croire en la Passion amoureuse comme un sacrifice païen, presque messianique, pour donner par l'âme et le sexe plus de douceur et de sensibilité à un monde qui n'a que faire de votre ultime effort de compassion...

 

Il y a de la lumière au grenier, on est en mai et les oiseaux chantent et font leurs nids. Moi j'ai fait le mien et mon chant sera le plus doux du monde, je le promets. J'ai besoin de chanter, ma gorge même a besoin de ressentir cette faim cette envie profonde, comme ma chair, je semblerais presque me liquéfier.

 

Mon amour torse nu, il a l'air d'un apprenti torero, il me saisit aux côtes et ses mains remontent, attirent mes épaules vers l’arrière. Il est beau même quand je ne le vois pas, son souffle se diffuse dans mon cou pendant que je sens son envie par petits coups, contre mes fesses.

Il est beau dans sa crainte de me perdre, car je pense qu'il a très peur de ça, de me perdre, il est touchant dans sa tendresse fatiguée, ses yeux anxieux et son rire qui cache mal toute la crainte, toute la lutte qui se joue au fond de lui.

 

Moi aussi j'ai peur, mais de moins en moins, de la perte, de l'abandon. Le désir me donne une confiance avec l'autre qui me manque tellement en temps normal que même son manque de confiance à lui finit par nourrir ma propre excitation. Je le dévore de baisers sans chercher à comprendre, sans théoriser. Les baisers se mélangent aux morsures, et je retrouve ma sauvagerie originelle.

(Laisse moi te dévorer s'il-te-plaît je t'en supplie, tu m'as affamée depuis tout ce temps)

Il passe ses mains sur mes seins, mon ventre que d'habitude je méprise. Une boule de feu me naît dans le ventre comme un big bang, ses mains et son souffle, c'est terrible tout ce que je peux me détester autrement, ses lèvres presque ses dents sur mon cou.

(Mets-moi à genoux)

Ne jamais douter de l'amour que quelqu'un te porte, c'est un vrai poison que de le faire. Toi non plus, ne doute pas de toi-même, de tes capacités. Jamais. 

 

Sa main remonte le long de mon bras, il saisit mon poignet un moment. Le serrant doucement, je le regarde, il est beau quand il sait me dominer même si parfois il me fait peur. Sa main sert la mienne. Je veux me blottir, je veux embrasser à pleine bouche jusqu'à presque recueillir la parole de mon aimé.

(Je suis comme la Sève, je suis comme le Soleil la Lune Je réclame un amour presque total)

Est-ce cela, l'émerveillement ? S'émouvoir d'une chose aussi simple, est-ce bien cela, réenchanter son monde ?

 

La peur est un excitant. Liée au désir, elle est une forme de prise de confiance. Je sais que je vais me faire dévorer, que mes chairs seront creusées, pénétrées. Mais je danse avec mes craintes comme avec un démon, je danse jusqu'à les envoyer dans le décor à un momen donné. Il faut savoir envoyer valser ses démons, c'est une évidence. Autrement ce sont eux qui vous font danser jusqu'à épuisement. 

Je prends le désir sexuel et sa finalité non pas comme un danger, non pas comme une saleté. Je le prends comme un baptême, un rite de passage perpétuel, quelque chose de sacré, non pas jusqu'au fanatisme aveugle, mais comme une preuve tangible et perpétuelle de mon existence au monde.

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05 janvier 2019

"Dévorer l'amour, dévorer le monde..."

Note du 9 novembre 2018 : 

"Pendant longtemps j'ai marché à la passion, me disant que sans elle je crèverais forcément au bout d'un moment.

Et depuis quelques mois, j'ai compris avec le recul qu'elle pouvait parasiter une relation au point de la dénaturer presque complètement. Le problème dans la passion, ce n'est pas l'amour, ce n'est ni le désir ni le plaisir. C'est le fait d'exagérer tout cela comme si on ne faisait pas confiance au temps et aux circonstances.

Je répète que le désir n'est pour moi pas une saleté -ce qu'il n'a jamais été - ni une nécessité égoïste. En effet, par delà mon désir qui est déjà d'une douceur toute femelle, mais d'une vigueur presque mâle, rien ne m'émeut plus qu'un homme qui s'abandonne complètement à tout ça. Jusqu'à lâcher prise par la jouissance. Et moi-même étant émue, profondément touchée en ma conscience du plaisir de l'autre, je règle mon degré de détachement du monde sur celui de mon partenaire.

Il faut beaucoup, beaucoup d'amour de cet amour-là, pour pouvoir en comprendre l'impact. Comprendre que par delà l'homme ou la femme qui t'embrasse et te serre dans ses bras, par delà son sexe, ses émotions, sa sueur, tout de l'autre, il y a faim d'être soulagé de l'impact extérieur, du monde extérieur, de tout ce qu'il exige.

M'abandonner à l'autre, en confiance, pour faire abstraction de ce qui n'est pas l'unité que je vise. De même que le monde, ou au moins la société, met à l'écart tout ce qui n'est pas elle. Le désir sexuel n'est, pour moi, pas uniquement un moyen de renforcer une relation amoureuse stable. Il n'est pas seulement un moyen de satisfaction physique, ce qui serait franchement trop facile, trop réducteur. Il est un moyen de résistance, un sens des priorités : est-ce que je cherche l'orgasme à tout prix, ou est-ce plus important de partager ma force de lien et émotionnelle avec l'autre, de le renforcer ?

Et il y a soif d'une certaine vérité charnelle, aussi. En somme, j'accepte de moi que je ne suis pas parfaite, j'accepte la même chose de toi, parce que je reconnais au delà de ce qui n'est pas parfait en nous que nous avons cette capacité commune de faire abstraction de ce qui nous diminue.

Aimer est une capacité non négligeable, indiscutable, mais désirer est une résistance au monde, une forme de contestation. L'état de conscience change, les sens sont amplifiés. Le désir est une force brute, le plaisir est la conséquence diffuse. Ainsi, par la maîtrise de cette force et l'acceptation de ses conséquences, le monde et ses failles et ses absurdités n'existe plus vraiment.

Ma vision de l'érotisme, la voilà. Une résistance diffuse, presque palpable. Un besoin de me retirer du monde et d'emmener l'autre. Me livrer à une dévoration symbolique, car à travers ça, c'est la vie elle-même que je bouffe."

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"Une forme d'éternité..."

N'ai-je pas dit que l'amour me ferait acquérir une forme d'éternité ? 

Passé 23 heures, dévorer deux steaks hachés parfaitement bleus dans la seule optique d'assouvir un vieux fantasme cannibale.

Chairs écarlates, jadis animées d'une vie propre à chacune.

Pendant longtemps, la quête d'amour (qu'il soit sentimental ou charnel) a été quelque chose de très présent dans ma vie, de dévorant. Je sentais le manque d'affection comme on ressent un membre amputé, et ce manque était tantôt supportable tantôt douloureux.

Actuellement,je sais que je suis à la fois porteuse et réceptrice d'amour, entant qu'émotion positive. C'est une réalité, ma réalité. Et ce,que je la revendique ou que je la critique. MAIS !!! L'amour en tant que geste positif, je le considère mêlé d'un désir inconscient(et surtout symbolique) de dévorer l'autre, de me l'approprier par peur de sa perte. La morsure amoureuse en est un exemple. On mordille l'être aimé tendrement mais de façon évidente dans le cou pour signifier symboliquement que nous méritons sa force de Vie, que nous en sommes comme assoiffés.

Je me sens à mi-chemin entre une enfant sauvage au sang chaud et un homme qui sent venir l'érection du matin. La fusion des deux, si contraires et complémentaires à la fois. La pulsion de Vie la plus pure, toujours, dans la sauvagerie la plus effective. 

Suis-je simplement apte à toute normalité ? Il faut voir. Ou alors à condition de mettre ma sauvagerie en sourdine, comme souvent.  

 

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"Ni plus ni moins que la réalité..."

Ce matin, séance de natation décidée sur un coup de tête. Je dois faire passer le manque grimaçant de toi. 
Pas dormi de la nuit et je n'ai qu'une hâte, gagner la piscine municipale et exécuter quelques longueurs promptes à me vider la tête, le temps de quelques heures. 

Je me rue vers l'extérieur, avant de faire de même plus tard vers l'eau. L'air de septembre est frais, silencieusement chargé de ces petites épines de vent qui nous prennent à la gorge quand on s'y attend le moins. Mais passé le portique, puis les cabines et les douches, on n'y pense plus qu'à peine. L'air est chaud, ça sent la javel, et le brouhaha populaire s'éparpille dans le bâtiment en une gerbe de mille éclats vocaux qui ressemblent à des bouts de miroir et couvrent, déjà, au moins pour un moment, mon propre vacarme mental.

Au fur et à mesure que je nage, mes yeux scrutent tout autour de moi, presque excités de ce qu'ils cherchent. 

Tels des nébuleuses, ils traquent pour moi ces vérités qui m'échappent pour un temps limité.

Mon corps flotte et mes bras battent la cadence dans le bassin immense, je me surprends à imaginer que l'eau elle-même me maintient dans un état proche de l'Illumination. Je nage pour ne pas penser quand je veux traquer ton essence jusque dans l'air chloré.

Attendre quelque chose en particulier est déjà une limite en soi, qui ne laisse pas de place à l'émerveillement ordinaire qui peut surgir d'un rien. Ce que j'attends, ce n'est pas quelque chose qui pourrait être conforme à ma réalité déjà limitée par diverses circonstances et contraintes extérieures. Ce que j'attends vraiment, ce n'est ni plus ni moins que LA réalité.

Telle qu'elle se présente. Telle qu'elle peut devenir.

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"Le manque est une plaie pour l'Extase..."

L'état de manque est un poison pour l'Ivresse amoureuse, celle-ci n'ayant de raison d'exister que dans le feu perpétuel de la volonté de dévoration symbolique de l'être aimé. 
Or le manque est semblable à une douche écossaise. Un coup chaude, je suis ivre de ton souvenir et de celui des gestes, des mots, des situations à venir. Un coup froide, et la Bête me remet la paranoïa en intraveineuse.

En réalité, je ne suis pas la seule au monde à ne pas supporter cette seule idée de manque. Je compose plus ou moins avec, mais sans jamais oublier mon objectif primal.

Pas évident. Car dans le manque, il y a l'attente. Y a t-il une douleur plus lancinante que celle mêlée de ces deux fléaux ? Non je ne crois pas. Non j'en suis quasiment sûre. Douleur qui s'élimine d'elle-même quand tu approches l'objet de ton désir et de ton amour fous, un peu comme une maladie grave de quelques jours qui partirait sans préavis. Comme un sarcome de Kaposi qui se guérirait tout seul, laissant une peau de vierge délicatement blanche,  celle-ci attendant que tout se refasse comme si elle n'avait jamais goûté à qui que ce soit. 
Bref, le manque est une plaie pour l'Extase.

Mais tu es là. Et de par ta calme présence, tu me mets en face de ma propre limite. Tu me pousses à me questionner sur la nature même de mon ardeur. Comment elle est née, dans quel but elle reste ancrée en moi... Tout de mon ardeur respirait la faim d'excès sensuel, jusqu'à l'agitation mentale, depuis au moins la pré-adolescence.

Tout dans ma faim respirait la frénésie de ma quête, des caresses aux baisers plus ou moins poussés, même si leur réalité était parfois, pour le coup, moins grandiose. De cette façon, cette même quête en devenait presque plus obscène que son objet en lui-même, qui gardait un formidable élan romantique. Je dis : Obscène, dans le sens d'une impudeur émotionnelle marquée. De l'acide.

Et sans même que je m'y attende, à ton contact je reconsidère autrement les choses. Questionner cette fureur du bas-ventre, ce cataclysme psychique délocalisé dans mon sexe, prêt à engloutir la fatalité comme si c'était toi dans toute ta virilité. Par le passé, on a cru bon d'en faire une plaie béante après une rupture brutale, un orifice sans volonté véritable. J'ai erré deux ans en me demandant combien de temps ça allait durer, jusqu'à quand j'allais pouvoir supporter l'illusion que j'étais pour le coup obligée de me faire de la liberté.

Je n'éprouvais ni faim, ni manque de l'autre. Comme si le moindre quidam prêt à me draguer devenait une preuve que je pouvais enterrer mon passé. Seulement enterrer, pas forcément oublier.

* * * 
Comme il est peu évident de vivre, surtout avec les codes de ce monde ! Cependant, j'ai plus urgent à faire, à vivre. J'ai l'amour à traquer, à débusquer et à apprivoiser.

Cet animal insaisissable qui se plaît à passer entre les pièges, qui obéit un temps et choisit de partir - souvent - ou de rester - plus rarement. Je suis en chasse perpétuelle de ton imparfait singulier, comme en quête d'un singulier pluriel que j'apprends à exercer. Amour-nimal , amour animal, énergie vitale que je dois ressentir, exercer, pas par obligation mais par nécessité vitale. Combien de fois ai-je cru pouvoir faire cela à la perfection, alors que c'est dans l'erreur qu'on finit par maîtriser complètement cette énergie... Même sans un geste ou un seul mot, avec un regard, un sourire, seuls témoins de mon effort entrepris avec bonheur.

Ainsi, comme tu m'exerces admirablement, mon amour !

 

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"Ne pas savoir peut rendre fou..."

Ne pas savoir peut rendre fou. Ou simplement stupide. Et ça dépend de ce que vous avez consenti dés le départ. Je suis particulièrement admirative de ceux qui font tout leur possible pour savoir plutôt que d'ignorer leur degré de marge.

 

Car comme toute difficulté évidente,il s'agit de pouvoir en faire une force inattendue. Avoir deux-cent quidams qui suivent votre actualité mentale personnelle n'est pas et ne sera jamais un gage de cohésion amicale forte et durable. En fait je deale du cool. À l'origine... je n'étais que la somme cellulaire d'un rêve d'amour gâché.

Neuf mois de jalousie paternelle auront probablement suffi à m'inciter à rester, peut-être jusque dans la silencieuse intention de me faire surgir d'un néant auquel j'étais sans doute consciente d'appartenir. Après tout, on m'a bien livré le secret de la Vie en posant un doigt sur ma bouche, en me faisant promettre de ne rien dire. J'en suis profondément convaincue. La Grande Mère et moi, nous sommes de mèche...

J'ai décuplé dans le ventre maternel en passant à côté du tamanoir d'acier, et mon rêve était plein de nuit, telle ma Nuit pleine d'étoiles, de sperme de sang de larmes et de fous rires. Je décuplerai encore en âme, en expérience humaine et qu'elle soit pleine de Vices, de Vertus ou pleine des deux. Je m'en fous. J'ai du mal avec l'idée de perfection.

Eh quoi ? Je ne travaille pas, je suis porteuse de mon handicap comme d'une force, voire d'une fière cicatrice. Je n'ai pas de place normale dans la société en dépit d'une certaine autonomie bien présente. Décupler voire exulter, je le dis tout net et fièrement au sein d'une société ambivalente : je n'ai que ça à foutre !

Je rêve souvent des différents appartements où j'ai vécu dans l'Est comme à des ventres rassurants. Les domiciles sont des armures pour les corps qui les habitent, de vraies protections pour le mental. Mes chambres ont été des armures pendant 22 ans, elles ont laissé place à un sanctuaire écartelé entre des jeux pour les enfants et le rythme d'un quartier aussi anonyme que trépidant. Entre l'innocence, la crainte et l'urgence de vivre...

En réalité, depuis janvier je n'éprouve plus trop jusqu'à présent la souffrance éprouvée il y a des mois. J'ai fait mon deuil de mon premier amour, je pense à lui mais je suis occupée et je bouffe désormais l'existence avec une vigueur et une dextérité peu communes... j'ai la nuit en intraveineuse, et le désir est ma drogue sans que j'en aie abusé via mes rares partenaires. Rares car je cherche à atteindre quelque chose de beau, de pur en moi pour pouvoir en partager quelque chose avec l'autre. Je ne supporte plus l'état d'errance dans lequel je me suis volontairement mise depuis deux ans. Je dois m'ancrer, absolument, violemment, mais sainement.

J 'ai mis deux ans à comprendre, quand même.... à admettre la seule capacité du cœur à se régénérer. À admettre MA capacité à prendre un nouveau départ. Plus rien qui m'atteigne à présent.Sauf une seule personne. Une que j'apprends à observer, à écouter,à aimer et désirer sans rien espérer d'excessif en retour. C'est décidé, depuis elle je veux m'affranchir de mon errance sexuelle !C'est à la fois nouveau et dur pour moi de maîtriser avec cette personne ma passion naturelle, croyez-moi ! Il faut beaucoup de cran pour maîtriser ses propres vagues mentales quand vous avez l'impression qu'elles font dix mètres de haut.

J'ai bien l'intention de bouffer la Vie et avant cela de la forcer à jouir de moi. Et quand bien même on aurait parfois l'impression de me voir déclarer forfait, j'arriverai toujours à me raviser. Elle m'adore, cette garce.

 

** *

Aujourd'hui, j'ai beau être parfaitement consciente de l'importance de maîtriser mon affect, il n'y a rien que je puisse faire pour apaiser ma kundalini. Lovée au creux de ma matrice comme une faim lancinante, comme une araignée anxieuse. Rien, que dalle.

Et pourtant je n'éprouve aucun besoin d'aller vers qui que ce soit pour la calmer. Dans la mesure où mon taux d'acide érotique ne se situe pas trop haut sur l'échelle... je préfère profiter de ce temps qui est le mien pour choper mon affect et l'amener à un degré de sérénité qu'il n'avait pas retrouvé depuis deux ans.


Mon affect grouille de ronronnements opulents mais aussi de rugissements typiques des famines les plus tapageuses d'Afrique ou de Corée...

J'ai la dalle autant qu'un homme normalement constitué, mais on ne manquerait pas de me faire taire si seulement je faisais passer le message à la Propagande Nationale... Les temps sont difficiles pour la Nature, même la plus avancée Humainement parlant.

** *

Retour à moi après plusieurs jours sans écrire, enfin ! Je dois retourner à mon corps, à mon esprit, et je peux vous garantir que c'est très éprouvant. La Sève -énergie amoureuse et sensuelle-est douloureusement bonne, délicatement sucrée, épicée...

Et on se demande pourquoi j'ai tellement de mal à revenir à moi-même.

Le manque est toujours éprouvant, et il faut beaucoup de cran pour oser se relever à chaque séparation, à chaque confiscation de la Sève par les circonstances extérieures où la volonté propre de la Sève.Et puis il suffit parfois d'un heureux hasard pour que miraculeusement, on puisse obtenir une dose. L'Épice. La Sève.
Depuis quelques jours, je sens le manque, mais le plus dur s'est déroulé pendant le week-end, et hier soir. Se sentir mourir à petits feux, d'où l'intérêt évident de l'exprimer. On se sent mourir dans sa tête, dans ses membres, mais le cœur fonctionne bien. L'apathie totale, honteuse et pourtant tellement humaine dans son origine. Comme si Éros me dévorait au ralenti. 

Mais il est plus de midi. Mon appartement, mon sanctuaire, est en bataille.Je dois absolument remettre de l'ordre dans mon antre pour remettre de l'ordre dans ma tête. Je ne regrette nullement mes sentiments.Ils sont là, bien présents et compris. Mais je dois travailler à me maîtriser pour ne pas gaspiller la moindre énergie, et ne pas compromettre mes chances d'être fournie.

Mon cœur n'est pas un salaud, et il peut mettre mon corps au pas. Mais mon esprit est fragile, et parfois il est fourbe, quand il peut instiller le doute dans ma boîte crânienne, il ne se gêne pas. L'Abandon et le Mépris sont mes vieux démons. Les pires. Alors qu'à côté, par on ne sait quelle explication, même la Mort a bien plus peur de moi. Je la traque jusque dans mes orgasmes, et lorsqu'elle sent mon souffle de Vie, mes gémissements, elle sent la Vie et se fait alors petite, honteuse de ce plaisir si coupable vu sa vocation.

Quand je vous dis que le cœur lutte pour ne pas laisser passer cette saloperie existentielle que le doute représente. Ce n'est pas  difficile d'admettre sa toxicomanie émotionnelle. Le plus dur est dans l'instant, quand vous vous sentez profondément en manque et que vous vous rendez compte qu'il est nécessaire de vous maîtriser si vous ne voulez pas compromettre les chances de pouvoir obtenir des doses, aussi irrégulières qu'elles puissent être. 

Mais j'arriverai à me maîtriser. De l'amour, du désir ! De cela je suis une junkie, mais je l'assume car je ne risque pas d'en mourir autrement qu'en moi-même.

* * *

Deuxième soir de gouffre émotionnel, après la crise d'hier soir qui m'aura vue vider la moitié d'une petite bouteille en pleurant assise sur mon balcon. Incroyable comme ma Pulsion Vitale reste élevée en dépit de la violence de mes ressentis. - « Tu veux vraiment crever toi aussi ? Jamais, Lo ! Tu vas te lever et attaquer si tu ne veux pas y passer ! ». Oui, je vais me lever et jeter ce qu'il reste. Et je vais me coucher, et je vais me calmer ! Et je vais me réveiller, en me demandant comment j'ai pu en venir à une telle rage, à de tels pleurs, pour la première fois depuis des mois !

Le manque, je suppose. Réapprendre à aimer de manière saine, de manière sage. La maîtrise des Passions sans pour autant les effacer! Bordel, je vais y arriver !

Quelque chose me pousse à n'appeler personne quand je suis en crise. Moi seule, je dois affronter la Bête, celle que mon Géniteur m'a léguée avant de mourir loin de mon cœur d'enfant. Cette bête tantôt cruelle tantôt douce. 
La Bête Parée Douloureusement.C'est le surnom que j'ai trouvé à mon Trouble quand j'ai un peu d'indulgence pour lui, quand je connais les raisons de ses attaques.*
(*si vous avez vu Le Pacte des Loups pour certains,figurez-vous la Bête du Gévaudan telle qu'imaginée pour le film,sanguinaire et parée d'une espèce d'armure bizarre, vous en aurez déjà une idée).

Elles'acharne à vouloir me faire croire à mon abandon effectif par tous ceux que j'aime, et quand elle est apaisée, elle dévorerait pour moi tout un régiment de crevards à mes trousses afin que je ne perde pas de vue ce qui me tient encore plus à cœur que le bonheur même. Toi. 
Oui, toi que je dévore déjà de mes yeux et de mon cœur, que j'écoute. Toi à qui je veux pouvoir faire confiance,et réciproquement. Pardonne-moi d'être aussi torturée. Je me jure que tu n'auras pas à me voir pleurer si il te devenait alors impossible de me calmer autrement que par une bonne gueulante. Mais si je peux éviter d'en arriver là aussi, alors ce sera un bon début.

Mon crâne exploserait presque, de par toute la douleur traumatique contenue dans mon cœur, qui remonte. Tout remonte à la tête !

Comme une junkie sans sa dose, savoir gérer les silences porteurs de monstres. Mais rien à faire. J'affronterai la Bête, et je ne la laisserai pas t'attaquer, quel que soit le moyen employé. Jamais.

Mais que c'est dur, bon sang, même attachée, avant qu'elle défonce sa cage, que c'est dur de la faire taire quand elle se met à hurler.Jusqu'à la prochaine capture.

Je ne peux le dire sans verser des larmes. Car je sais qu'au fond, bien que je partage un peu de mon esprit avec la Bête, elle a tout de moi. De mes espoirs, de mes joies, de mes souffrances. Elle est mon bébé comme ma pire ennemie.

 

Je sais qu'au fond sa souffrance vaut bien l'immensité d'une Mer Rouge.On la traverse en découvrant toute la Vie qu'elle abrite malgré sa dangerosité.

 

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"Je suis sauvage..."

Je suis sauvage, plus que toute autre condition.

Je pourrais largement dire que j'en profite travers ma situation sociale présente, mais je ne veux pas vivre en parasite. Je suis une éternelle sauvageonne, observant le monde de loin tout en le ressentant de près. Le monde est de l'air, je le sens mais si je pouvais éviter de le ressentir de trop, tel un vent glacial en pleine face...

Mon sang bout comme de la sève, mes yeux sont paranoïaques. J'ai le cœur bourré de désirs rageurs,mal canalisés, qui te prennent au cul comme une peur inattendue, une douce violence, une violente douceur. Le désir fait partie de ces choses qui me maintiennent, à travers mon corps c'est mon esprit qui recharge les batteries. Je parle cru mais mon intention de partage(et de guérison mutuelle) est plus noble que mes mots. Je peux être d'une obscénité sans bornes dans les paroles qui cache la pureté de mon intention primordiale. La vérité, c'est que je mens au monde entier sur mes intentions et ma capacité véritables, à travers le cru, l'obscénité joyeusement agressive de ma parole pour faire comprendre aux timides, aux coincés heureux que je les emmerde. Avec le sourire et un rire puissant. Profondément retentissant.

Tu ne sais pas vers quoi je vais ?Ça tombe bien, moi non plus.

Je peux m'épancher dix mille fois sur ce que je suis, sur ce que je m'efforce d'être, qu'il manquerait toujours un détail. Je ne suis pas une femme, je suis une adolescente sombre, passionnée mais doucement vieillissante. Dans mon sillage, tout n'est qu'une question de hauteurs et de profondeurs émotionnelles, de bon et de beau à extraire, comme de à sortir, à extirper même. Du noir, du blanc, du rouge. Rouge comme ce désir qui me colle à la peau, à l'âme, et que j'ai tellement de mal complaisant à sublimer au profit d'une cause quelconque...

 

Je m'efforce de vivre déjà le plus honorablement du monde. C'est un travail qui n'est pas déclaré, pas rémunéré... Mais ça reste un travail sur moi, au sein du monde et du hasard génétique et environnemental qui m'y a amenée.

 

La vérité, c'est que je suis une sauvage qui cultive son état. Qu'on m'aime est une chose honorable.Mais sans forcément y inciter, qu'on me déteste serait compréhensible, et sans doute plus intéressant à décortiquer. Je suis parfaitement consciente que l'on ne me déteste pas facilement,mais si quelqu'un y arrivait en une seule seconde, il ne serait pas aussi expert en la matière que moi-même, pauvre jouet femelle de ma condition psychique.

 

* * *

Plongée mentale pendant trois jours dans un magma de Désir voluptueusement douloureux pour mes nerfs,mais qui me serait, j'en suis ô combien consciente, d'un secours incomparable. Quatre jours à tanguer sur le pont de mon affect comme si j'allais passer par dessus-bord, et me noyer dans le fleuve Amour.Le frisson qu'il provoque est agréable, mais putain quelle douleur.Fort heureusement, j'ai la Patience pour moi, et encore plus pour qui j'observe et cherche à comprendre.

Cette sensibilité exacerbée. Cepouvoir à double tranchant. Et le frisson du désir qui s'y ajoute.

Quelque chose qui te vrille le mental mais te lubrifie parfaitement.

Quelque chose qui nécessite une certaine distance, mais qui fait ressembler le manque de tendresse physique à une dose pas encore administrée, que tu dois absolument retrouver.

Il n'y a pas de différence entre la dépendance provoquée par un contact physique chez moi et celle d'un shoot d'héroïne chez n'importe quel junkie de France et de Navarre.Ou alors si. Dans chaque contact physique le flash se répète et surpasse le précédent avec une aisance redoutable. Allez donc trouver ça dans l'héroïne, que vous seriez déjà mort. Ou interné.

Autre symptôme de ma frénésie, mon appétit pour la viande crue.

Évidemment, elle est rouge. Et évidemment, même si je peux me passer de viande à proprement parler à grands coups de tofu, de pois chiches ou cassés, il vaut mieux ne pas imaginer ma jouissance quand les dents pénètrent un bout de steak tartare savamment servi, ou qu'elles prennent d'assaut une assiette de carpaccio.

Jouissance gustative comparable à celle d'une pénétration en cadence, quelques secondes après l'entrée en matière.

Mastication rapide, va-et-vient saccadé, qui s'achèvent de manière triomphale par deux uniques finalités, l'une de sang l'autre de sperme, l'une meurtrière et l'autre doucereuse, s'écoulant cependant dans divers possibles,d'une bouche à un cul, d'un cul à un con, d'un con à une âme,sans possibilité de remords car secrètement attendues par les déités que nous sommes redevenus à l'approche du sacrifice salvateur de la sève brûlante ou d'un cœur perpétuellement consumé, voire les deux, sur l'autel de la Volupté. Sans la dévotion que l'on peut y mettre, la Pulsion Vitale ne saurait en être plus honorée.

 

***

Transpirer l'instinct par tous les pores. Et sortir sur le balcon pour regarder le ciel qui s'offre à vos yeux curieux, implorants même, le ciel qui s'offre comme une pute qui aurait bouffé dix comprimés avant de vous emmener là-haut,tout là-haut. Comme au backstage.

J'ai de ces comprimés dans ma proprepharmacie, dans la mesure où monsieur Abilify ayantdéserté mes réserves depuis trois ou quatre jours (ce petitsalopard aime brouiller les pistes quand à la saine dépendancequ'il distille dans mes synapses), je suis bien obligée de merabattre sur le flacon qui les contient, cylindrique à couverclebleu ciel.

 

Vous vous rendez compte ? Je suis la dealeuse de ma propre nuit, finançant les agissements de la compagnie de Morphée rien qu'en dopant une adorable garce, si adorable, qui travaille pour son compte.

 

* * *

 

La nuit me connaît bien, et pour cause. J'alterne les nuits complètes et absentes de façon récurrentes quand d'autres alternent les amants ou les coups de cœur musicaux, sans vraiment s'ancrer. En ce moment, j'ancre mon travail d'écriture dans la nuit, quitte à me coucher très tard. Parfois six heures du matin. Mais j'assume entièrement cette atteinte à mon besoin de sommeil.

 

Ancrée dans mon mental et mon intellect en dépit d'un psychisme et d'un sens émotionnel parfois défaillants. Je veux à nouveau pouvoir ancrer mon cœur renaissant dans un corps retapé, redevenu forteresse sexuelle qui ne reconnaîtrait à nouveau que le contact d'un être aimé, désiré,compris de toutes les façons possibles.

J'ai beau avoir l'âme libertaire, je pars du principe que l'Homme n'est pas une bête intégrale dans   et ses actes. Il voit, il tente des approches, il s'attache,il craint la tromperie ou le mépris... Et n'aspire finalement qu'à la confiance, à la fiabilité mutuelle. Nous sommes faits de boue et d'étoiles, mais le bonheur se confond dangereusement à la frénésie des billets qui circulent librement, comme les femmes. Je ne suis pas le bonheur, ni le malheur. Je suis une bâtardise entre l'extase et l'abattement les plus purs.

Les quelques petites aventures qu'on peut parfois vivre en tant que femme ont certes eu une composante sensuelle évidente et la garderont. Ma propre expérience m'a ancrée dans une certaine continuité sexuelle, mais je sais qu'elle ne me nourrit pas. Mes quelques aventures passées ne me coulent pas dans les veines au même titre qu'un sentiment amoureux naissant ou le fix d'héroïne du gosse de riches installé au septième. En vérité, cette douce instabilité me fait l'effet de quelque chose de sucré, éminemment sucré. Et trop de sucre n'adoucit plus mon existence qui tend vers une saine maîtrise, vers la sublimation de ma seule pulsion en quelque chose de plus concret.

 

Il sera bientôt cinq heures du matin,et je mets un peu de musique pour alléger un peu la charge de travail. Bien entendu, mon reste de civilisation me commande de ne pas mettre le volume à fond. Non, Loba, non. Même si c'est Joy Division ou Kate Bush. Streng verboten,le tapage nocturne.

 

Les questions s'en vont batailler dans mon esprit comme autant de serpents affirmatifs s'accouplant allègrement avec les femelles incertaines porteuses d'un futur imminent. Quoi qu'il arrive, Demain s'appellera toujours Maintenant,même si on croit tous les jours que malgré nos karmas plus ou moins éclatés, dilatés par le manque de contentement – public,matériel, numérique et tutti quanti – les deux sont parfaitement différents.

 

Je sais ce que j'attends de moi. Maisj'ai peur. Terriblement peur. À la fois de l'abandon, et de macrainte irrationnelle qui donne du champ à cette peur.

Je sais ce qui me manque, mais je suis comme une môme à la fois terrifiée d'être affamée et émerveillée de la sensation lancinante procurée par la faim, à force d'avoir été affamée.

 

Je mange sans grande conviction, ce soir. En fait, ça fait quelques jours que je fais ça, manger sans véritable appétit. Le fait de me sentir en phase avec certaines personnes, voire une en particulier, me permet une fabuleuse économie alimentaire. Au fond qu'est-ce que j'attends ? Peu de choses,mais je n'ai gardé que l'essentiel.

 

Eros me fournit ma dose, mais Chronos reste mon juge.

Posté par Loba_James à 22:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Une petite présentation pour commencer...

Bethleem Blvd

 

"Mon sang bout comme de la sève, mes yeux sont paranoïaques. J'ai le cœur bourré de désirs rageurs, mal canalisés."
Lo a construit son indépendance pas à pas, mais son apparente assurance cache un mental torturé à la fois par la quête d'un amour véritable et par ce qu'elle nomme "la Bête", le trouble borderline qui pourrit son quotidien et ses perspectives d'avenir. Comment faire pour ne pas répéter les mêmes erreurs ? Il faudrait presque un miracle...

Et un jour, la délivrance. Sous les traits d'un ami insoupçonné... L'histoire pourrait s'arrêter là, mais c'est désormais le moment pour Lo de livrer contre elle-même le plus douloureux des combats. Entre doutes existentiels, nostalgie autodestructrice et espoirs sensuels, elle devra "Corriger le Vice de ses Vertus" pour s'affranchir de la Bête, et par amour.

 

Bonne lecture à toutes et tous :)

Posté par Loba_James à 21:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]